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Bonjour Tout Le Monde

Je crois qu'une présentation sommaire du blog s'impose.
► Ceci n'est pas une fiction, mais un recueil de courtes histoires.
En effet, un article contient à lui tout seul l'intégrité d'un texte. Evidemment, on ne peut pas rédiger tout en roman en quelques lignes. Vous ne trouverez donc ici que de courts textes, parfois sans réelle intrigue, juste une ébauche d'une pensée, d'un sentiment qu'un auteur a voulu exprimer.
Tout le monde peut poster ses écrits, il suffit de les poster en commentaires à la suite de cet article. Sans discrimination, je créerai vote artcile avec dans le titre un lien vers votre blog.
N'hésitez pas à poster, il n'y a aucune limite d'articles et aucune restriction.
La seule modification que je me permettrai d'apporter à vos textes concernera les fautes d'orthographes.

Vous pourrez à loisir lire ce que proposent les autres écrivains en herbe et évidemment commenter leurs courtes oeuvres.

Pour toute question, laissez un commentaire et je tâcherai d'y répondre au plus vite.

Oh, j'allais oublier! Si vous souhaitez être prévenus des nouveaux articles, signalez-le à la suite de celui-ci.

Bonne lecture à tous, & j'espère pour moi aussi profiter de vos histoires!
=)

# Posté le samedi 23 août 2008 04:05

Modifié le samedi 23 août 2008 04:18

par Annaïs

par Annaïs
Ses longs doigts s'abattaient les uns après les autres contre la couverture rigide de son livre. Ses ongles, coupés de manière égale à l'extrémité de la peau, martelaient le carton comme un tambourinement régulier. Quatre sons, suivis d'un silence, s'enchaînaient sans trêve ni repos. Plus silencieux, son pied frappait le sol froid sans grande rigueur, suivant les instincts et les émotions que lui apportait sa lecture. L'horloge, lointaine, laissait raisonner le faible tic tac des aiguilles qui se déplaçaient sur le cadran, gardant toujours la même cadence, cette exactitude du mouvement avec une grande précision. Absorbée par l'histoire qu'elle lisait, tous ces bruits sourds ne l'atteignaient pas, perdue dans son monde illusoire où la réalité ne trouvait plus sa place. Penchée sur le papier joliment relié, elle ne prêtait même pas attention à la longue mèche d'épais cheveux qui lui couvrait une partie du visage. Les traits accentués, elle semblait concentrée dans son ouvrage, arquant légèrement un sourcil à chaque fois qu'elle tournait hâtivement une page. A certains instants, sa poitrine se levait puis se rabaissait d'un rythme plus rapide, et ses lèvres s'entrouvraient, laissant s'échapper un souffle saccadé. A l'inverse, il lui arrivait de fermer sa fine bouche tremblante aussi fort que possible, et à la couleur éclaircie de son teint on comprenait qu'elle oubliait de respirer. Ses grands yeux bleus parcouraient les lignes, tantôts grands ouverts, tantôt semi-fermés, transcrivant pour son imagination les mots qui défilaient rapidement. Autour d'elle, les gens allaient et venaient, les valisent animaient de leur désagréable murmure la salle d'attente bruyante. Mais tout ça n'avait d'importance pour elle. Tout ce qui existait se trouvait tracé à l'encre noire, figé sur une feuille blanche. Des mots. Des lettres qui se suivent et se précèdent, des sons que personne d'autre que le lecteur n'entent. Des courbes d'encre, sans épaisseur ni volume. Une forme définie qui change d'allure selon là où elle se situe, qui change de sens selon où on l'emploie. De simples caractères imprimés qui en soi ne signifient rien qu'une lettre de l'alphabet. A, B ou Z, toute leur malice réside dans leur concordance. En alignant un M, un E et un R, on s'imagine une étendue d'eau foncée, se confondant au loin avec l'horizon. On perçoit le son aigue des muettes qui volent dans le ciel, et on peut même entendre l'écume s'écraser contre les roches aiguisées. En fermant les yeux, on arrive à respirer l'odeur du sel et des algues, et avec un petit effort on est même capables de sentir la perpétuelle caresse des vagues qui fait tanguer le bateau. Et tout ça avec trois stupides lettres, qui placées différemment n'auraient eut aucune signification.
Entre ses mains délicates, c'était une infinité de lettres qui s'ordonnaient ainsi, évoquant chacune une multitude de sensations et de sentiments. C'était ce qu'elle aimait, ce pouvoir qu'ont les mots, de vous embarquer dans un autre monde rien qu'avec quelques lignes intelligemment rédigées. En à peine quelques paragraphes, elle était transportée dans le monde sauvage, au milieu d'une guerre interminable où de braves hommes se jetaient la tête la première sans peur à la mort. Elle observait le combat au c½ur de la bataille sans être physiquement atteinte par les épées qui se s'entrechoquaient, emplissant l'air d'un son métallique et effrayant. Son c½ur battait à tout rompre et ses muscles se contractaient en même temps que les guerriers s'affrontaient. Quand le souffle lui manquait, elle fermait le gros livre d'un geste sec, et s'essuyait d'un revers de manche les gouttes de sueur qui perlaient son front. Respirant profondément, elle attendait que son pouls se stabilise avant de replonger littéralement sur le champ de bataille. Tout reprenait là où elle l'avait laissé, et ses craintes se joignaient aux cris de guerre qui résonnaient dans ses oreilles. Enfin, le héros triomphait. Au chapitre de suivant, elle se trouvait déjà dans la chambre du victorieux guerrier et pouvait admirer comment sa belle fiancée soignait ses blessures. Elle n'éprouvait point de jalousie pour cette femme splendide, mais elle enviait l'amour qui dansait dans son regard, ses gestes tendres qu'elle percevait presque comme s'ils lui étaient destinés.
Des lettres les unes à la suite des autres. Voilà son plus grand bonheur. Elle pouvait tour à tour être le héros ou l'héroïne, le simple figurant ou l'important personnage. Elle voyait tout et savait tout, ressentait chaque chose comme si c'était sa propre vie. Dans ses heures de lecture, elle n'était plus elle-même, mais cette personne fictive qui n'avait d'aspect concret, de vie réelle. Elle était une phrase, un adjectif. Un nom, ou alors une impression. Personne, et tout le monde à la fois. Un jour elle possédait des pouvoirs surnaturels, le lendemain un handicap contraignant. Captive ou princesse, simple étudiante ou femme savante, elle revêtait toutes les possibilités.
Et alors, quand son père s'approchait d'elle pour lui dire, « le train va partir, il faut y aller », c'est à grand peine qu'elle abandonnait sa nouvelle identité, laissant à l'intérieur du livre fermé une vie fructueuse qui la faisait rêver.

# Posté le samedi 23 août 2008 06:39

Modifié le samedi 23 août 2008 07:03

par Charlie

par Charlie
Il était là, comme tous les soirs. Assis en tailleur, nu-pieds, dos à la mer, une guitare posée sur les genoux.

L'homme brun ne parlait pas, ne chantait pas. Il se contentait de gratter les cordes de sa guitare, d'où une mélodie toujours féérique s'échappait. Il revisitait les vieux classiques rock, apportant inlassablement sa touche personnelle, impossible à définir tant elle était somptueuse.
Tant qu'il restait un spectateur, il jouait. Et chaque jour, sa notoriété grandissait, amenant une vingtaine de personnes à l'encercler. Moi, je m'arrangeais toujours pour ne pas être la dernière à partir, par une crainte imbécile de me retrouver en tête-à-tête avec lui. Bien sûr, je lui avais imaginé toute sorte de vie, et la possibilité qu'il soit un détraqué doublé d'un violeur m'avait déjà effleuré l'esprit. Mais la peur d'être déçue de cette légende, à qui j'avais inventé un personnage qui ne lui correspondait certainement pas, dominait.
Ses admirateurs n'étaient jamais les mêmes, et je semblais être la seule incapable de se passer de sa musique plus de vingt-quatre heures.
Ce soir-là, j'étais décidée à réunir les bribes de courage qui m'habitaient, déterminée à le connaitre. Alors, j'attendais. Encore. Et encore.
Ses doigts agiles pinçaient les cordes, et les yeux fermés, il semblait rêver. Je jetai un regard à ma montre, et m'aperçus que les deux heures du matin n'étaient déjà plus qu'un souvenir. Je soupirai, déçue d'avoir espéré qu'il se lasserait avant moi, et me levai.
M'ayant certainement entendue, le guitariste se redressa et me tourna le dos, visiblement prêt à regagner son logement. Ou toute autre chose s'y apparentant. Je serrai les poings, fermai les yeux et me convainquis être une autre personne, bien plus brave.

- Où tu vas ? lui demandai-je subitement, d'une voix étonnamment aiguë qui me fit grimacer.

Il eut un léger sursaut, sans doute peu habitué à ce qu'on lui adressât la parole après l'un de ses spectacles, mais ne se retourna pas, continuant à s'éloigner.

- Dis-moi au moins comment tu t'appelles ! le suppliai-je.

Il pivota enfin, me dévoilant un léger sourire, pourtant capable de mettre à genoux la plus chaste des nonnes, j'en étais persuadée. Je restai alors coite, subjuguée par la beauté angélique qu'il dégageait à cet instant. Le caractère romantique de ce moment ne m'échappa guère. Lui et moi nous souriant, sur la plage à la lueur de la lune, nous laissant bercer par le bruit des vagues brisées. Je secouai la tête, gênée.

- Danny, me répondit-il finalement.

Je déglutis silencieusement, espérant que l'un des secrets amenant cette aura mystérieuse ne fut pas de discerner les émotions des gens, parce qu'à cet instant, toutes sortes de scénarios plus ou moins érotiques me venaient. Lui me devançant de quelques mètres, j'entrepris de le rattraper à petites foulées, me rapprochant chaque instant de ce magnifique personnage.

- Alors, Danny, je te suis.

Le musicien secoua la tête, visiblement amusé, et reprit sa marche. Je lui emboitai le pas, décidée à percer l'énigme de sa personnalité, et même de son existence. Je m'étonnai moi-même de la hardiesse dont je faisais preuve, y étant peu habituée. Encore une fois, je le détaillai des pieds à la tête, sans aucune gêne. Assis avec une guitare sur les genoux, il était charismatique. Debout, semblable à un musicien égaré, vieux jean usé, chemise ouverte et pieds nus, il l'était tout autant. Quand il s'aperçut que je le suivais réellement, il ralentit, assurément prêt à m'attendre.

- Je ne suis qu'une légende, me prévint-il.

J'acquiesçai silencieusement, sans réellement comprendre le sens de sa phrase. Il saisit ma main, entrelaçant ses doigts rugueux aux miens. Le rouge me monta immédiatement aux joues, et je le remerciai intérieurement de ne pas avoir posé son regard sur moi à cet instant.
Nous marchions dans un silence pesant – du moins pour moi – seulement rythmé par nos pas laborieux dans le sable et nos respirations plus ou moins saccadées, en fonction de la rapidité de notre progression.
Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes devant un immeuble, et le musicien aux doigts magiques inséra la clé dans la serrure. Je m'apercevais à cet instant que, immergée dans mes pensées, je n'avais pas prêté attention au chemin que nous avions emprunté. Peut-être était-il un vaurien, mais jamais la peur ne m'a parcourue tant que j'étais en sa compagnie.
Après avoir forcé, la porte s'ouvrit dans un grincement sourd, et je découvris un petit appartement plutôt rudimentaire. La dernière parole qu'il ait prononcée me revint en mémoire : « Je ne suis qu'une légende », qui prenait tout par cette habitation sommaire. J'haussai les épaules. Après tout, Kurt Cobain avait certainement vécu, lui aussi, dans un deux pièces minable et peu éclairé. J'entrai et me précipitai vers les quelques quatre guitares posées sur le vieux canapé branlant, sans pour autant oser les toucher.

- Joue-moi quelque chose.
- Tu ne te lasses jamais ?, rit-il.

Je secouai la tête, rougissante. Je croisai son regard saphir, et m'y noyai. A cette seconde, il sembla comprendre que j'étais son admiratrice la plus fidèle, et que sa musique, aussi ridicule que cela puisse paraitre, m'était devenue vitale.
Nous perdîmes donc toute notion du temps, enivrés par le son que la guitare que Danny produisait, aidée de ses doigts féeriques. Lui, jouait ; moi, j'écoutais. Alors que mon esprit volait, semblable à celui d'une junkie en manque ayant récupéré sa dose, les premières notes d'une chanson de Radiohead – celle que je considérais comme l'un des chefs d'½uvre musicaux de ces dernières décennies – retentirent, accompagnées de la voix rauque de Danny. Je l'entendais chanter pour la première fois, et les larmes vinrent immédiatement inonder mes yeux. Je rejetai ma tête en arrière, les empêchant ainsi de noyer mes joues. Quelques minutes plus tard, Danny se tut en même temps que son instrument, donnant un point final plein d'amertume par « I don't belong here ».
Je restai immobile quelques minutes, n'osant pas émettre le moindre commentaire, de peur de briser cet instant aussi beau que du cristal, mais tout aussi fragile.
Le musicien, ne semblant guère de mon avis, toussota.

- Quel âge as-tu ?, lui demandai-je.
- Vingt-deux ans.

Il avait vingt-deux ans, soit deux de moins que moi, et déjà un talent fou.
Sans aucune retenue, je fixai son visage. Il avait les traits fins et anguleux, des tâches de rousseur cachées par son bronzage, et des yeux bleus avec un pouvoir de séduction certain. Ses cheveux bouclés, négligés pareil à son début de barbe, lui tombaient sur les yeux et lui donnaient cet air mystérieux de musicien marginal et sensible.

- J'ai toujours pensé que tu étais muet, lui avouai-je.
- Déçue ?
- Oui, souris-je.

Il n'était pas rare d'entendre qu'il s'était échappé d'un asile psychiatrique et qu'il vivait dans une grotte sur la plage. Ou encore qu'il avait assassiné ses parents sauvagement, et qu'il s'était terré dans un mutisme affligeant, refusant de parler depuis lors. La rumeur que je préférais, sans aucun doute, était celle qui suggérait que le musicien venait de l'océan, et qu'au petit jour, il y retournait. Un non-conformiste plein de charme.
Maintenant qu'il parlait, je découvrais l'homme caché derrière le personnage.

- Qu'est-ce que tu espérais trouver, en me suivant ?
- Je ne sais pas trop, lui admis-je. Peut-être une légende solitaire et muette qui vit sur la plage, et très romantique. Peut-être que j'espérais qu'il me joue des ballades, et qu'il me fasse vivre une nuit d'amour magique. Tu vois le truc, quoi ... Sexe sur la plage, puis bain de minuit.
- Et encore du sexe, mais dans l'eau cette fois-ci. Et encore. Et encore.
- Oui, et peut-être que d'ici quelques cinquante années, j'aurais pu dire « nous nous mariâmes et eûmes beaucoup d'enfants ».

Danny m'offrit son plus beau sourire en coin et s'approcha de moi. Il caressa délicatement ma joue de ses doigts rugueux, et je fermai les yeux, savourant la sensation piquante qui me parcourait. Quelques secondes plus tard, je sentis ses lèvres se poser sur mon front.
Puis il saisit ma main et une guitare, et m'entraina à l'extérieur de son appartement miteux. Tandis qu'il verrouillait la porte, je l'interrogeai du regard. Il me répondit par un sourire amusé, m'indiquant ainsi qu'il ne me dévoilerait pas ses intentions. Faussement mécontente, je soupirai, n'oubliant guère de le gratifier de mes yeux exagérément noirs.

- Où va-t-on ?, finis-je tout de même par lui demander.
- Là où je pourrais devenir une légende.

A son regard mystérieux, je devinai que je devrais me contenter de cette réponse évasive. A vrai dire, cela me convenait parfaitement : En dépit de sa capacité à parler et son appartement miteux, je devais avouer que son côté secret me plaisait, puisqu'il correspondait au personnage que je lui avais imaginé.
Nous arrivâmes sur la plage que nous avions quitté quelques heures plus tôt – du moins c'est ce que je supposais, ayant perdu toute notion du temps – et Danny s'installa : assis en tailleur, nu-pieds, dos à la mer, et la guitare posée sur les genoux. Je me plaçais face à lui, et fermai les yeux, comme lui le faisait certainement. Un air qui m'était alors inconnu s'éleva du couple qui m'accompagnait. Danny et sa guitare. Bientôt, sa voix se mêla aux notes échappées de l'instrument. Je souris, me demandant si sa parfaite harmonie avait déjà existé ailleurs que sur cette plage, avant ce moment. Mon esprit voyageait. Je volais.
Lorsque j'émergeai, je m'aperçus que toute mélodie avait cessé. J'ouvris les yeux, et tombai nez à nez avec Danny, tout sourire, à deux centimètres de mon visage. Prenant ma main, il m'intima de me relever. Aveuglée par ses yeux brillants, je le suivis. Et enfin ses lèvres grenades se posèrent sur les miennes dans un baiser si chaste et si puissant que je crus que mon c½ur se décrocherait.
A regret, nous nous séparâmes. Danny m'adressa un dernier regard et pivota, faisant face à la mer. Ses pas réguliers le conduisirent bientôt jusqu'à la brisure des vagues et, tout habillé, il entra dans l'eau glacée. Il plongea, et disparut. Etonnamment, je restai sereine, attendant le retour de l'homme légendaire.
Qui ne se fit pas.
Du moins, pendant quelques secondes qui me parurent une éternité. La sérénité m'avait quitté et mes oreilles bourdonnaient, tandis que je le cherchais des yeux. Jusqu'à ce qu'il réapparaisse, rayonnant d'allégresse.

- J'ai essayé ! me cria-t-il. Je te le promets, j'ai essayé ! Mais je n'arrive pas à disparaitre.

Un gloussement angoissé m'échappa, et je courus le rejoindre. Danny était une légende, j'en étais certaine. Mais il était aussi humain, à mon plus grand bonheur.
Dans les bras l'un de l'autre, même trempés dans une eau glacée, nous n'avions pas froid. Mes mains autour de son cou, il caressait mes cheveux humides, et riait. Je me noyai dans ses yeux saphir, et tombai lentement dans un état second, plus couramment appelé « amour ».

La suite, je l'avais déjà devinée, nous fîmes l'amour, nous nous mariâmes et eûmes beaucoup d'enfants.

# Posté le vendredi 29 août 2008 15:12

par Lexie

par Lexie

Je suis ici, il est là-bas...
Seule, enroulée dans mes draps, mes pensées ne restent pas enfermées entre ces quatre murs. Non, elles vont vers les sommets, là où les nuages se posent. Elle sont auprès de lui.
Est-il au pied de l'immensité qui le séduit tant ? A-t-il commencé l'ascension de ce mont sans fin qui l'attire tellement? Je n'en sais rien.
J'imagine. Car c'est tout ce que je peux faire, en ce moment. L'imagination, un don des dieux qui m'a été offert à la naissance. Un don que j'exploite un peu plus chaque jour. Mon imagination se fait plus profonde, plus belle, plus lumineuse ou plus sombre, plus dense, plus accessible pour moi, intouchable pour les autres...
L'imagination, tout ce qu'il me reste. Condamnée à rester enfermée entre les quatre murs colorés de cette chambre. Condamnée à le regarder s'en aller, toujours plus haut, toujours plus loin. A me ronger les ongles jusqu'au sang pour lui, téméraire sans peur et sans reproche.
A quoi pense-t-il, maintenant ?
Je n'en sais rien. Et je ne le saurais jamais. J'aurais tant voulu changer de point de vue, une fois dans ma vie. Changement de narrateur, je pénètre dans ses pensées, lui dans les miennes. Tout savoir, tout. Pour l'aimer encore plus.
Mais il est trop tard. C'est la fin. Ma poitrine me fait mal, et je suis devant cette feuille désormais noircie de mon écriture.
A quoi pensera-t-il, à ce moment là ?
Il ne pourra jamais me le dire. Cela restera un mystère. Alors je l'imagine. Il rentrera dans la maison, clamera haut et fort qu'il de retour, un sourire rayonnant accroché à ses lèvres. Il enlèvera précipitament sa veste, et ses chaussures. Fera couler du café chaud dans deux tasses, l'une verte, l'autre rouge. Il montera les marches deux à deux, prenant soin de ne pas faire tomber les boissons. Il pénètrera dans la chambre, en riant. Me verra les yeux fermés, allongée dans cet éternel lit. Il pensera que je dors, alors il s'approchera et déposera un baiser sur mes lèvres. Mes lèvres seront-elles froides à ce moment là ? Je pense que oui. Mes yeux ne s'ouvriront pas, mon sourire ne naîtra pas sur mes lèvres. J'imagine qu'il posera sa tête sur ma poitrine, paniquant intèrieurement. Il n'entendra pas mon c½ur. Ni mon pouls. Ni quoi que ce soit d'autre. Est-ce qu'il brisera les tasses de café chaud ? Est-ce qu'il pleurera ? Est-ce qu'il regrettera de s'être absenté ? Non, je ne veux pas qu'il regrette. Peut-être tremblera-t-il, à moins qu'il soit paralysé par la tristesse ? Il découvrira ce papier noirci d'encre. Le saisira, le lira en vitesse. Répondra à mes questions, peut-être à haute voix, je ne sais pas.
J'espère que mes mots ne le rendront pas encore plus triste. Parce que je l'aime, à la folie, passionnément... Peut-être que mon c½ur lâche par ce trop plein d'amour ? Parce qu'il est jaloux ?
Je ne dirai pas adieu, parce que je ne crois pas en dieu. Alors je dis « A bientôt ». Parce qu'il me rejoindra un jour ou l'autre. Peut-être parce qu'il aura pris trop de risques dans un de ses nombreux périples. Peut-être naturellement.

A bientôt. Je t'aime.


Lettre d'adieu, non, d'aurevoir, trouvée au fin fond d'un coffre.
D'autres lettres et carnets accompagnaient celle-ci. Des carnets de voyages, beaucoup.
Racontant des périples passionnants, dangereux, envoûtants.
Des bloc-notes, remplis du fruit de l'imagination d'une jeune femme amoureuse.
Des lettres, nombreuses, jamais signées. Mais on reconnaît deux écritures distinctes. Certaines, dans des enveloppes, ont été expédiées, lues et relues.
D'autres n'ont jamais connu le cachet de la poste. Des correspondances avec soi-même. Mais que l'autre a lu, sans aucun doute.
Aucune photo, aucun nom. Un coffre en bois, jamais peint, jamais verni.

# Posté le samedi 06 septembre 2008 12:42

par il

par il
Encore une fois, je pense à toi. Je pensais qu'entre nous c'était fini, pour de bon, qu'on pouvait désormais en rigoler mais il s'avère que non, je t'aime encore et cela me fait souffrir. J'aime ce qui me blesse, syndrome de stockolm on dirait. Encore une fois, je me retrouve en boule, dans un coin de ma chambre et je pleure. Je pleure tout seul, comme un gosse, je ne vais pas bien, non? Depuis peu, mon corps part en vrille à cause de la tristesse que je ressens, j'ai mal au bide, au c½ur. Ma schizophrénie me joue aussi des tours, les apparitions que je suis censé ne plus avoir reviennent. Je suis mal, triste et intériorise tout. J'ai l'air heureux au Lycée, heureux en ville avec mes amis mais lorsque je rentre chez moi, que je me retrouve seul avec moi même, je me retrouve allongé des heures sur le carrelage froid du couloir, le regard dans le vide et j'espère que lorsque je me relèverai, tout ne sera plus qu'un mauvais rêve mais non. La réalité est bien là et me frappe d'un bon uppercut qui fait mal, je me relève, encaisse les coups de cette chienne de vie et reste seul, dans ma maison, les parents sont partis, je regarde le ciel, me grille une clope et reste muet. Je vais me coucher et le lendemain, je réapparais heureux, le sourire aux lèvres pour les autres et ainsi de suite. Tous les jours depuis que tu m'as quitté.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAa

# Posté le mercredi 17 septembre 2008 09:31